Les présidents et directeurs d’établissements, réunis au sein de France Universités, ont lancé le 18 juillet 2025 un appel solennel pour définir et garantir un équilibre financier durable des universités publiques françaises.
Cet appel intervient dans un contexte de coupes budgétaires massives (350 M € d’efforts demandés aux universités en 2025) et de réduction des dotations publiques, qui pèsent sur la trésorerie et mettent en péril la capacité des établissements à financer leurs missions de service public.
Contexte
- Depuis la loi de programmation de la recherche (LPR) et les transferts de compétences aux universités, la masse salariale pèse en moyenne 80% du budget de fonctionnement, créant des disparités chroniques. enseignementsup-recherche.gouv.fr
- En 2025, l’effort budgétaire demandé aux établissements est estimé à 350 M €, soit près de 3% de leurs ressources cumulées, sans compensation adéquate de l’État. enseignementsup-recherche.gouv.fr
- Face à cette tension, France Universités réaffirme la nécessité d’un principe « décideur-payeur » : toute nouvelle dépense étatique doit être intégralement compensée par l’État, sans report sur la trésorerie des universités.franceuniversites.fr
Les six propositions clés
France Universités formule six leviers pour instaurer un financement stable, responsable et pérenne :franceuniversites.fr+1
| Proposition | Objectif |
|---|---|
| 1. Définir les critères d’un équilibre financier durable | Fixer la dotation socle de l’État couvrant les missions de service public, en distinguant les autres financements (COMP, appels à projets, fonds européens). |
| 2. Refonder la contractualisation État-universités | Faire du contrat quinquennal (COMP) un véritable cadre de pilotage, via un comité de suivi État-universités assurant transparence et équité. |
| 3. Hiérarchiser les financements sur projets | Séparer les fonds d’amorçage (start-up, expérimentations) de ceux destinés à des programmes pérennes. |
| 4. Assurer un financement suffisant pour l’investissement | Intégrer la dimension patrimoniale (maintenance, rénovation, équipements) sur une temporalité longue (25 ans) et encadrer le recours à l’emprunt. |
| 5. Garantir le libre usage des ressources propres | Assurer l’autonomie de gestion des recettes directes (droits d’inscription, mécénat, apprentissage), sous réserve d’une réforme sociale équitable et de l’égalité des chances. |
| 6. Refonder l’évaluation par le HCÉRES | Aligner la méthode d’évaluation sur les moyens réels alloués et la stratégie des établissements, en évitant un simple contrôle administratif déconnecté des ressources. |
« Aucune nouvelle dépense décidée par l’État n’est possible sans compensation de sa part », insiste France Universités.aefinfo.fr
Enjeux et perspectives
- Solidarité nationale : garantir aux universités les moyens indispensables pour maintenir la qualité de l’enseignement et de la recherche.
- Autonomie et responsabilité : donner aux établissements la souplesse de gérer leurs projets et investissements sans qu’ils soient pénalisés par des charges non compensées.
- Transparence et dialogue de gestion : instaurer un suivi régulier et concerté des COMP, afin d’éviter l’empilement d’outils contractuels inefficaces.
En l’absence d’une réponse rapide et financièrement équilibrée, les établissements risquent de puiser dans leurs réserves, d’augmenter les frais d’inscription ou de recourir massivement à l’emprunt, fragilisant leur capacité d’investissement à long terme.
France Universités appelle donc le gouvernement à intégrer ces six propositions dans le projet de loi de finances 2026 et à ouvrir sans délai un dialogue de gestion structuré, garantissant un financement durable et responsable de l’enseignement supérieur public.

